
mercredi 18 novembre 2009
il y avait bien eu la mise en garde de Gicerilla, mais franchement jamais je ne me serais douté que deux préservatifs innocemment oubliés dans une poche puissent constituer une menace pour l'aviation civile... et bien, le portique de détection métallique de l'aéroport étant d'un avis contraire, il a bien fallu expliquer à l'agent de sécurité chinois que non, il ne s'agissait pas de serviettes rafraichissantes...


lundi 16 novembre 2009
Hong Kong. Une ville qui ne dort pas, industrieuse, boutiquière et laborieuse, obsédée de production, de retours sur investissements, de cash-flow, experte en voltige financière. Une ville en perpétuel mouvement, vivante et grouillante.
D'abord la foule humaine. Une des zones les plus densément peuplées de la planète. Avec un relief qui concentre la population sur à peine un cinquième du territoire. Et aussi le pouvoir de l'économie et l'économie au pouvoir.
Comme la préfiguration du futur de l'humanité. Démesure urbaine, population foisonnante, régime autoritaire, ordre policier, travail sacralisé et absence de contestation sociale. Un pays rêvé pour nos élites vieillissantes. Et aussi des images de Blade Runner qui me viennent à l'esprit. Mais j'aime être là. Je ne l'explique pas.
D'abord la foule humaine. Une des zones les plus densément peuplées de la planète. Avec un relief qui concentre la population sur à peine un cinquième du territoire. Et aussi le pouvoir de l'économie et l'économie au pouvoir.
Comme la préfiguration du futur de l'humanité. Démesure urbaine, population foisonnante, régime autoritaire, ordre policier, travail sacralisé et absence de contestation sociale. Un pays rêvé pour nos élites vieillissantes. Et aussi des images de Blade Runner qui me viennent à l'esprit. Mais j'aime être là. Je ne l'explique pas.
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vendredi 6 novembre 2009
J'éprouve une certaine tendresse pour la vie assez pitoyable de Nicolas Edme Restif de La Bretonne. De sa petite carrière d'espion et de mouchard de la police, il a su tirer une oeuvre littéraire sans équivalent au 18 siècle, riche d'une infinité de détails sur les moeurs boutiquières et populaires parisiennes.
Restif de La Bretonne était d'abord un grand baiseur, emporté et excessif. Comme son trop grand intérêt pour les jeunes femmes l'avait obligé à renoncer à la carrière ecclésiastique, il se fit compagnon typographe-imprimeur et traitre.
On sait qu'il dénonça plusieurs éditeurs de pamphlets et de placards séditieux. Son métier d'indicateur de police et son goût pour la débauche l'amenèrent à multiplier les sorties nocturnes. Et ses écrits témoignent d'un grand sens de l'observation minutieuse, parfois plus ethnographique que littéraire. Ses portraits des filles du Palais Royal - oui, le Palais Royal était un lieu de débauche notoire, pas du tout comme aujourd'hui - ne sont pas toujours passionnants mais il y démontre une exceptionnelle connaissance du "terrain".
Surtout, cet écrivain supplétif de la police a consacré tout un roman, Le Pied de Fanchette (1769), à célébrer les embrasements produits par une chaussure à haut talon laissant apparaître une fine cheville de femme. L'adoration érotique du pied féminin était dans l'air du temps au siècle des Lumières, mais Restif l'a élevée au rang de fétichisme pornographique.
Quant à la grande prêtresse de l'orgone qui se vante - à juste titre - de la belle perfection de ses pieds : elle devrait rester prudente lorsqu'elle promène ceux-ci sur le sexe de ses compagnons de table, fussent-ils dans un état de trouble patent. Un embrasement est si vite arrivé.
Restif de La Bretonne était d'abord un grand baiseur, emporté et excessif. Comme son trop grand intérêt pour les jeunes femmes l'avait obligé à renoncer à la carrière ecclésiastique, il se fit compagnon typographe-imprimeur et traitre.
On sait qu'il dénonça plusieurs éditeurs de pamphlets et de placards séditieux. Son métier d'indicateur de police et son goût pour la débauche l'amenèrent à multiplier les sorties nocturnes. Et ses écrits témoignent d'un grand sens de l'observation minutieuse, parfois plus ethnographique que littéraire. Ses portraits des filles du Palais Royal - oui, le Palais Royal était un lieu de débauche notoire, pas du tout comme aujourd'hui - ne sont pas toujours passionnants mais il y démontre une exceptionnelle connaissance du "terrain".
Surtout, cet écrivain supplétif de la police a consacré tout un roman, Le Pied de Fanchette (1769), à célébrer les embrasements produits par une chaussure à haut talon laissant apparaître une fine cheville de femme. L'adoration érotique du pied féminin était dans l'air du temps au siècle des Lumières, mais Restif l'a élevée au rang de fétichisme pornographique.
Quant à la grande prêtresse de l'orgone qui se vante - à juste titre - de la belle perfection de ses pieds : elle devrait rester prudente lorsqu'elle promène ceux-ci sur le sexe de ses compagnons de table, fussent-ils dans un état de trouble patent. Un embrasement est si vite arrivé.
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mercredi 4 novembre 2009
Pourquoi le vin des vieilles vignes a-t-il un caractère toujours plus affirmé ? Et pourquoi le Bordeaux est-il un vin de garde et le Bourgogne non ? Et pourquoi le vin est-il rouge ?
À nos envagabondages nocturnes en pays bobo !
À nos envagabondages nocturnes en pays bobo !
jeudi 29 octobre 2009
Leçon n°11: "Au bureau, la trique tu lui donneras".
Et ce titre, sur le dernier album de Jean-Louis Murat, Le cours ordinaire des choses me va comme un incendie. Oui, exactement.
Pour finalement apprécier la dérive du quotidien ?
Et ce titre, sur le dernier album de Jean-Louis Murat, Le cours ordinaire des choses me va comme un incendie. Oui, exactement.
Pour finalement apprécier la dérive du quotidien ?
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lundi 26 octobre 2009
Jamais ça ne m'était arrivé, j'étais encore puceau, ignorant et vierge de toute faute. Jamais, jusque-là, je ne m'étais vautré dans cette curieuse forme de concupiscence qui fait confondre performance et virilité, vitesse et sensations fortes.
Aucun mérite, aucune vertu particulière, à cette abstinence. Simplement les circonstances faisaient que je n'étais que très rarement tenté. Je disposais dans mon entourage le plus proche de tout le nécessaire. Et lorsque je voulais davantage, je n'hésitais pas à recourir aux offres publiques les plus variées.
L'irréparable a été commis très vite. J'avoue que les détails en sont encore flous dans mon esprit. Mais, quand j'ai reçu mon premier PV pour excès de vitesse, j'ai su que quelque chose avait changé en moi pendant que je tenais ce volant entre les mains !
Aucun mérite, aucune vertu particulière, à cette abstinence. Simplement les circonstances faisaient que je n'étais que très rarement tenté. Je disposais dans mon entourage le plus proche de tout le nécessaire. Et lorsque je voulais davantage, je n'hésitais pas à recourir aux offres publiques les plus variées.
L'irréparable a été commis très vite. J'avoue que les détails en sont encore flous dans mon esprit. Mais, quand j'ai reçu mon premier PV pour excès de vitesse, j'ai su que quelque chose avait changé en moi pendant que je tenais ce volant entre les mains !
jeudi 15 octobre 2009
hier soir devant la porte de mon immeuble parisien, incapable de me souvenir du code d'entrée, je pensais que le café ne m'était plus d'aucune utilité contre le manque de sommeil, mais la source de mon trouble est peut-être toute autre ...




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lundi 12 octobre 2009
Je suis arrivé avec une bonne demi-heure de retard, peut-être même trois quarts d'heure. Elle avait déjà commandé, un Mojito pour elle, un Daiquiri pour moi. J'avais probablement fait le malin en plaçant une remarque sur la boisson favorite d'Ernest Hemingway lors d'un échange de mails.
Bien vu. Mais je n'étais pas au bout de mes surprises.
« Alors ce sera une soirée vérité ! » Parfois je parle trop vite. Je ne sais plus pourquoi j'ai sorti ça, c'est venu d'un coup sous forme de plaisanterie en réponse à je ne sais trop quelle remarque. En tout cas j'étais content de lire la surprise dans ses yeux. Ne pas sous-estimer son adversaire ! Il ne lui a pas fallu longtemps pour retourner la situation à son avantage. Quand elle a sorti papier et crayon j'ai immédiatement imaginé quelques jeux pervers et érotiques. « Dessine moi comme tu me vois ! »
Là, je pense à Clausewitz: « Dans la guerre, tout est simple, mais le plus simple est difficile. » (Vom Kriege, Berlin 1832–1834)
Après avoir fait mentalement le tour de ce que je sais à peu près dessiner correctement - non, suis pas passé par les Beaux Arts, j'ai fait des études de sciences politiques, c'est assez différent - et après avoir écarté l'idée d'un portrait de Arthur Wellesley, duc de Wellington, en référence au Waterloo que je redoute, je choisis de faire la démonstration de mes talents d'ornithologue (ben oui, je suis plein de ressources !). Non, je ne dessine pas une poule - elle est charmante cette jeune femme, pas envie de torpiller la soirée - mais une avocette élégante.
Bon, elle semble satisfaite, pas trop choquée à l'idée que je puisse l'assimiler à un volatile (je ne peux pas vous montrer le chef d'oeuvre, la dame a gardé l'oiseau).
Après ce coup, la conversation file naturellement vers des sujets plus légers. Je la découvre assez délurée, ça me plaît.
Seulement, nous sommes lundi et j'ai un bouclage ce soir et une nuit blanche de boulot en perspective. Donc la soirée s'arrêtera vite, j'avais prévenu. En plus j'ai oublié un projet d'article au bureau. Mais comme je la trouve très jolie et que l'on s'amuse bien je culpabilise un peu à l'idée de la planter là. Résultat ? Ben résultat rien, je suis tout inhibé !
« Faut vraiment tout faire, c'est pas croyable ! » Depuis le début de la soirée j'ai laissé filé toutes les occasions de l'embrasser. En sortant du bar, elle a du penser que je ne me déciderais jamais, et elle n'avait pas tout à fait tort. Alors elle a posé ses lèvres sur les miennes. Et c'était super agréable de laisser l'initiative à l'adversaire.
« Der Angriff besitzt seinen fast einzigen Vorzug in der Überraschung. »

Je profite du trajet vers le bureau pour appeler la grande prêtresse de l'orgone. C'est comme ça, elle me manque.
Bien vu. Mais je n'étais pas au bout de mes surprises.
« Alors ce sera une soirée vérité ! » Parfois je parle trop vite. Je ne sais plus pourquoi j'ai sorti ça, c'est venu d'un coup sous forme de plaisanterie en réponse à je ne sais trop quelle remarque. En tout cas j'étais content de lire la surprise dans ses yeux. Ne pas sous-estimer son adversaire ! Il ne lui a pas fallu longtemps pour retourner la situation à son avantage. Quand elle a sorti papier et crayon j'ai immédiatement imaginé quelques jeux pervers et érotiques. « Dessine moi comme tu me vois ! »
Là, je pense à Clausewitz: « Dans la guerre, tout est simple, mais le plus simple est difficile. » (Vom Kriege, Berlin 1832–1834)
Après avoir fait mentalement le tour de ce que je sais à peu près dessiner correctement - non, suis pas passé par les Beaux Arts, j'ai fait des études de sciences politiques, c'est assez différent - et après avoir écarté l'idée d'un portrait de Arthur Wellesley, duc de Wellington, en référence au Waterloo que je redoute, je choisis de faire la démonstration de mes talents d'ornithologue (ben oui, je suis plein de ressources !). Non, je ne dessine pas une poule - elle est charmante cette jeune femme, pas envie de torpiller la soirée - mais une avocette élégante.
Bon, elle semble satisfaite, pas trop choquée à l'idée que je puisse l'assimiler à un volatile (je ne peux pas vous montrer le chef d'oeuvre, la dame a gardé l'oiseau).
Après ce coup, la conversation file naturellement vers des sujets plus légers. Je la découvre assez délurée, ça me plaît.
Seulement, nous sommes lundi et j'ai un bouclage ce soir et une nuit blanche de boulot en perspective. Donc la soirée s'arrêtera vite, j'avais prévenu. En plus j'ai oublié un projet d'article au bureau. Mais comme je la trouve très jolie et que l'on s'amuse bien je culpabilise un peu à l'idée de la planter là. Résultat ? Ben résultat rien, je suis tout inhibé !
« Faut vraiment tout faire, c'est pas croyable ! » Depuis le début de la soirée j'ai laissé filé toutes les occasions de l'embrasser. En sortant du bar, elle a du penser que je ne me déciderais jamais, et elle n'avait pas tout à fait tort. Alors elle a posé ses lèvres sur les miennes. Et c'était super agréable de laisser l'initiative à l'adversaire.
« Der Angriff besitzt seinen fast einzigen Vorzug in der Überraschung. »

Je profite du trajet vers le bureau pour appeler la grande prêtresse de l'orgone. C'est comme ça, elle me manque.
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vendredi 2 octobre 2009
Créée en 1602, la Vereenigde Oostindische Compagnie, Compagnie Unie des Indes Orientales, fut le principal instrument de la domination hollandaise sur le commerce mondial, pendant une bonne partie des 17e et 18e siècles.
L'usage du canon a joué un rôle clef dans son expansion, ses bâtiments puissamment armés avaient pour première mission d'envoyer par le fond les navires des concurrents espagnols, portugais et anglais. Après s'être emparée des Moluques, la flotte de la VOC s'installe à Jayakarta. La ville vassale de l'intraitable Banten est finalement rasée en 1619 et, sur ses ruines, la VOC fonde Batavia, qui sera la tête de pont du capitalisme hollandais en Asie. En 1656, la compagnie s’empare de Ceylan et de sa production de cannelle.
Pendant plusieurs années, le monopole du commerce des épices fines - macis, noix de muscade, clous de girofle et cannelle - assure sa richesse et le bien-être de ses actionnaires.
Quant à la grande prêtresse de l'orgone, ce soir là, elle se voulait garce et n'était pas décidée à me laisser goûter, sans combats, aux saveurs épicées de sa peau. Le champagne et un usage modéré de la force brutale ont eu raison de ses résolutions. Le visage entre ses cuisses, cherchant à la faire jouir contre sa volonté, je me disais que le commerce est un étrange mélange de désirs et d'intrigues, quand, surgissant de lointaines années lycéennes, Hubert-Felix lança l'ordre d'un nouvel assaut:
"et cet ange qui me gueule viens chez moi mon salaud
m'invite à faire danser l'aiguille de mon radar"
L'usage du canon a joué un rôle clef dans son expansion, ses bâtiments puissamment armés avaient pour première mission d'envoyer par le fond les navires des concurrents espagnols, portugais et anglais. Après s'être emparée des Moluques, la flotte de la VOC s'installe à Jayakarta. La ville vassale de l'intraitable Banten est finalement rasée en 1619 et, sur ses ruines, la VOC fonde Batavia, qui sera la tête de pont du capitalisme hollandais en Asie. En 1656, la compagnie s’empare de Ceylan et de sa production de cannelle.
Pendant plusieurs années, le monopole du commerce des épices fines - macis, noix de muscade, clous de girofle et cannelle - assure sa richesse et le bien-être de ses actionnaires.
Quant à la grande prêtresse de l'orgone, ce soir là, elle se voulait garce et n'était pas décidée à me laisser goûter, sans combats, aux saveurs épicées de sa peau. Le champagne et un usage modéré de la force brutale ont eu raison de ses résolutions. Le visage entre ses cuisses, cherchant à la faire jouir contre sa volonté, je me disais que le commerce est un étrange mélange de désirs et d'intrigues, quand, surgissant de lointaines années lycéennes, Hubert-Felix lança l'ordre d'un nouvel assaut:
"et cet ange qui me gueule viens chez moi mon salaud
m'invite à faire danser l'aiguille de mon radar"
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mercredi 30 septembre 2009
"Et combien le nom de Zinj el-Barr, le pays des Noirs, pouvait sonner comme celui du paradis dans les oreilles des chameliers fourbus, atteignant le port de Sour après des semaines de vent dans les dunes de l'Hadramaout. Lorsque accroupis sur leurs talons, tisonnant les braises et sirotant leurs minuscules bols de café, ils écoutaient le soir les esclaves leur dire la fraîcheur de l'herbe verte et la peau des femmes noires, l'eau des sources jamais taries, et les arbres fruitiers qu'aucun falaj ne devait irriguer." - Patrick Deville, Equatoria, Seuil, 2009
Finalement, cette fascination des marchands caravaniers et marins arabes pour Zanzibar, c'est un peu celle que j'éprouve pour la grande prêtresse de l'orgone.
Finalement, cette fascination des marchands caravaniers et marins arabes pour Zanzibar, c'est un peu celle que j'éprouve pour la grande prêtresse de l'orgone.
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