Elle attendait que mon regard croisât le sien. "Vous lisez Georges Bataille !" Nous sommes trois dans le compartiment entre Nevers et Paris : elle, l'homme qui l'accompagne et moi, qui tient entre les mains une réimpression récente de L'Érotisme. Impossible de nier: oui je lis ce pervers débauché, auquel Sartre avait recommandé une psychanalyse.
Elle me fait face, elle doit avoir entre 55 et 60 ans. C'était il y a quinze ans. "Je l'ai bien connu à Orléans, je travaillais avec lui à la bibliothèque. Je savais qu'il était un peu célèbre. Mais il ne voulait pas me parler de ses livres, il disait qu'ils n'étaient pas pour une jeune fille comme moi."
Et elle n'a jamais transgressé l'interdit ? Jamais goûté au plaisir particulier du sacrilège tel que le définit Bataille ? Celui que je suppose son mari se croit obligé d'ajouter: "Il s'agit d'érotisme, pas de pornographie." Ben oui, c'est sûr mon vieux.
La grande prêtresse de l'orgone, elle, a bien saisi que l'érotisme est perversité. La transgression n'abolit pas l'interdit, et si la jouissance qu'elle procure balaie le sommaire des relations conventionnelles, elle révèle aussi l'éphémère de la vie.
Et pendant que sa pisse coule sur mon visage, pendant que le goût qu'elle donne à mon existence prend une saveur toute particulière, j'entrevois à mon tour l'expérience ultime de la rencontre avec la vraie femme, celle qui ne se contente pas de rester en vie. J'entrevois à mon tour, le bleu du ciel.
mercredi 30 décembre 2009
mardi 22 décembre 2009
mercredi 16 décembre 2009
Parce qu'il n'y a pas que les chanteurs auvergnats qui glorifient les lépidoptères, voici : L'effet papillon selon Youssoupha.
Et puis, si vous n'avez jamais écouté de rap, ça ne peut pas vous faire de mal, parce que là ce n'est pas de la gnognotte. Suis pas certain d'ailleurs que les grabataires qui débattent de notre identité nationale comprennent le quart des références de ce maître de la langue française, né à Kinshasa, et qui est plutôt Louise Michel que Maurice Barrès :
Pour voir le clip complet il faut aller ici, parce que la maison de disques ne veut pas que le buzz passe par les blogs (ça complique les stats du marketing vous croyez ?).
Et puis, si vous n'avez jamais écouté de rap, ça ne peut pas vous faire de mal, parce que là ce n'est pas de la gnognotte. Suis pas certain d'ailleurs que les grabataires qui débattent de notre identité nationale comprennent le quart des références de ce maître de la langue française, né à Kinshasa, et qui est plutôt Louise Michel que Maurice Barrès :
Pour voir le clip complet il faut aller ici, parce que la maison de disques ne veut pas que le buzz passe par les blogs (ça complique les stats du marketing vous croyez ?).
mardi 8 décembre 2009
« Quelle femme n’a pas une Putain des Palaces qui sommeille – ou pas – en elle ? Celle qui rêve de convoquer ses désirs au bar d’un grand hôtel, d’introduire ses fantasmes dans la clandestinité d’un ascenseur et d’emballer son plaisir dans des draps de soie. » État Libre d'Orange, Dossier de presse.
Ah, quand la "putain" se réveille, et que je fais face à ses désirs. Je t'ai vue me baiser, je t'ai vue baiser et baisée ici et ailleurs et je te promets la suite aussi rude.
Ah, quand la "putain" se réveille, et que je fais face à ses désirs. Je t'ai vue me baiser, je t'ai vue baiser et baisée ici et ailleurs et je te promets la suite aussi rude.
samedi 5 décembre 2009
Pas même 150 mètres depuis l'hôtel et j'entends déjà la sirène de leur Lada. Ce sont nos clients habituels. Le chauffeur arrête la Mercedes noire et sort dans la neige pour présenter, avec son permis, la liasse de billets qu'il tient à portée de main, sous le pare-soleil. Contrôle de routine, petit rituel entre proies et prédateurs. Depuis la fin du communisme, les formalités administratives sont devenues simplissimes en Russie : moins de trois minutes plus tard nous roulons de nouveau sur Krasnopresnenskaya naberezhnaya.
C'est à Moscou que j'ai croisé les plus authentiques gueules de mafieux. Dans des décors variant du classicisme aristocratique de palais du 19e siècle, au kitsch électrique de casinos-cabarets, tout en néons, miroirs et métaux teintés. Des gars trapus aux regards hargneux, devant un verre ou derrière une cigarette, toujours entourés de superbes poupées blondes, grandes et minces, souvent moins vêtues que dans les boîtes d'Ibiza. C'est toujours le même modèle de fille qui semble distribué automatiquement à ces mecs. Les brunes n'ont aucune perspective amoureuse dans la pègre russe. Et des scènes qui évoquent les débuts de Las Vegas, les règlements de comptes, les réunions de familles et les répartitions de territoires au Flamingo de Bugsy Siegel. Mais par moins 15°C dehors.
Et puis, il y a eu la soirée chez Petrovitch . Invités dans ce lieu bobo moscovite par un étonnant couple arménien, que les hasards de l'histoire ont fait citoyens de la République islamique d'Iran et anciens du lycée français de Téhéran. Au début j'ai cru à une blague. La bouteille de vodka que l'on boit au goulot en se tapant fort sur l'épaule, ça faisait un peu trop cliché. Je tentais de faire illusion en mouillant à peine les lèvres. La conversation passait naturellement du russe à l'anglais, de l'anglais à n'importe quoi, du français à l'italien, de l'italien à l'estonien, de l'estonien au suédois, du suédois à l'allemand. Aucun de nous ne devait comprendre la moitié de ce qui se disait et pourtant nous participions tous à une discussion aussi animée que futile.
Quand le restaurant s'est transformé en boîte de nuit, nous étions déjà tous sérieusement éméchés. Alors pas étonnant que Federica ait fini la soirée sur les genoux d'un Russe qu'elle embrassait avec fougue pendant qu'il lui ôtait un string qu'elle n'a jamais retrouvé, que Fabrizio et Anthony se soient laissés embobiner par deux gamines aguicheuses, que l'on n'ait plus eu de nouvelles d'Ann jusqu'au lendemain midi et que je me sois réveillé, sans trop savoir pourquoi, dans la chambre de Tuuli en paniquant parce que mon avion décollait dans trois heures.
Pourtant, je n'aime vraiment pas la vodka. Mais voilà, on sait bien que les filles la nuit sont plutôt vodka que camomille.
C'est à Moscou que j'ai croisé les plus authentiques gueules de mafieux. Dans des décors variant du classicisme aristocratique de palais du 19e siècle, au kitsch électrique de casinos-cabarets, tout en néons, miroirs et métaux teintés. Des gars trapus aux regards hargneux, devant un verre ou derrière une cigarette, toujours entourés de superbes poupées blondes, grandes et minces, souvent moins vêtues que dans les boîtes d'Ibiza. C'est toujours le même modèle de fille qui semble distribué automatiquement à ces mecs. Les brunes n'ont aucune perspective amoureuse dans la pègre russe. Et des scènes qui évoquent les débuts de Las Vegas, les règlements de comptes, les réunions de familles et les répartitions de territoires au Flamingo de Bugsy Siegel. Mais par moins 15°C dehors.
Et puis, il y a eu la soirée chez Petrovitch . Invités dans ce lieu bobo moscovite par un étonnant couple arménien, que les hasards de l'histoire ont fait citoyens de la République islamique d'Iran et anciens du lycée français de Téhéran. Au début j'ai cru à une blague. La bouteille de vodka que l'on boit au goulot en se tapant fort sur l'épaule, ça faisait un peu trop cliché. Je tentais de faire illusion en mouillant à peine les lèvres. La conversation passait naturellement du russe à l'anglais, de l'anglais à n'importe quoi, du français à l'italien, de l'italien à l'estonien, de l'estonien au suédois, du suédois à l'allemand. Aucun de nous ne devait comprendre la moitié de ce qui se disait et pourtant nous participions tous à une discussion aussi animée que futile.
Quand le restaurant s'est transformé en boîte de nuit, nous étions déjà tous sérieusement éméchés. Alors pas étonnant que Federica ait fini la soirée sur les genoux d'un Russe qu'elle embrassait avec fougue pendant qu'il lui ôtait un string qu'elle n'a jamais retrouvé, que Fabrizio et Anthony se soient laissés embobiner par deux gamines aguicheuses, que l'on n'ait plus eu de nouvelles d'Ann jusqu'au lendemain midi et que je me sois réveillé, sans trop savoir pourquoi, dans la chambre de Tuuli en paniquant parce que mon avion décollait dans trois heures.
Pourtant, je n'aime vraiment pas la vodka. Mais voilà, on sait bien que les filles la nuit sont plutôt vodka que camomille.
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