Leçon n°11: "Au bureau, la trique tu lui donneras".
Et ce titre, sur le dernier album de Jean-Louis Murat, Le cours ordinaire des choses me va comme un incendie. Oui, exactement.
Pour finalement apprécier la dérive du quotidien ?
jeudi 29 octobre 2009
lundi 26 octobre 2009
Jamais ça ne m'était arrivé, j'étais encore puceau, ignorant et vierge de toute faute. Jamais, jusque-là, je ne m'étais vautré dans cette curieuse forme de concupiscence qui fait confondre performance et virilité, vitesse et sensations fortes.
Aucun mérite, aucune vertu particulière, à cette abstinence. Simplement les circonstances faisaient que je n'étais que très rarement tenté. Je disposais dans mon entourage le plus proche de tout le nécessaire. Et lorsque je voulais davantage, je n'hésitais pas à recourir aux offres publiques les plus variées.
L'irréparable a été commis très vite. J'avoue que les détails en sont encore flous dans mon esprit. Mais, quand j'ai reçu mon premier PV pour excès de vitesse, j'ai su que quelque chose avait changé en moi pendant que je tenais ce volant entre les mains !
Aucun mérite, aucune vertu particulière, à cette abstinence. Simplement les circonstances faisaient que je n'étais que très rarement tenté. Je disposais dans mon entourage le plus proche de tout le nécessaire. Et lorsque je voulais davantage, je n'hésitais pas à recourir aux offres publiques les plus variées.
L'irréparable a été commis très vite. J'avoue que les détails en sont encore flous dans mon esprit. Mais, quand j'ai reçu mon premier PV pour excès de vitesse, j'ai su que quelque chose avait changé en moi pendant que je tenais ce volant entre les mains !
jeudi 15 octobre 2009
hier soir devant la porte de mon immeuble parisien, incapable de me souvenir du code d'entrée, je pensais que le café ne m'était plus d'aucune utilité contre le manque de sommeil, mais la source de mon trouble est peut-être toute autre ...

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lundi 12 octobre 2009
Je suis arrivé avec une bonne demi-heure de retard, peut-être même trois quarts d'heure. Elle avait déjà commandé, un Mojito pour elle, un Daiquiri pour moi. J'avais probablement fait le malin en plaçant une remarque sur la boisson favorite d'Ernest Hemingway lors d'un échange de mails.
Bien vu. Mais je n'étais pas au bout de mes surprises.
« Alors ce sera une soirée vérité ! » Parfois je parle trop vite. Je ne sais plus pourquoi j'ai sorti ça, c'est venu d'un coup sous forme de plaisanterie en réponse à je ne sais trop quelle remarque. En tout cas j'étais content de lire la surprise dans ses yeux. Ne pas sous-estimer son adversaire ! Il ne lui a pas fallu longtemps pour retourner la situation à son avantage. Quand elle a sorti papier et crayon j'ai immédiatement imaginé quelques jeux pervers et érotiques. « Dessine moi comme tu me vois ! »
Là, je pense à Clausewitz: « Dans la guerre, tout est simple, mais le plus simple est difficile. » (Vom Kriege, Berlin 1832–1834)
Après avoir fait mentalement le tour de ce que je sais à peu près dessiner correctement - non, suis pas passé par les Beaux Arts, j'ai fait des études de sciences politiques, c'est assez différent - et après avoir écarté l'idée d'un portrait de Arthur Wellesley, duc de Wellington, en référence au Waterloo que je redoute, je choisis de faire la démonstration de mes talents d'ornithologue (ben oui, je suis plein de ressources !). Non, je ne dessine pas une poule - elle est charmante cette jeune femme, pas envie de torpiller la soirée - mais une avocette élégante.
Bon, elle semble satisfaite, pas trop choquée à l'idée que je puisse l'assimiler à un volatile (je ne peux pas vous montrer le chef d'oeuvre, la dame a gardé l'oiseau).
Après ce coup, la conversation file naturellement vers des sujets plus légers. Je la découvre assez délurée, ça me plaît.
Seulement, nous sommes lundi et j'ai un bouclage ce soir et une nuit blanche de boulot en perspective. Donc la soirée s'arrêtera vite, j'avais prévenu. En plus j'ai oublié un projet d'article au bureau. Mais comme je la trouve très jolie et que l'on s'amuse bien je culpabilise un peu à l'idée de la planter là. Résultat ? Ben résultat rien, je suis tout inhibé !
« Faut vraiment tout faire, c'est pas croyable ! » Depuis le début de la soirée j'ai laissé filé toutes les occasions de l'embrasser. En sortant du bar, elle a du penser que je ne me déciderais jamais, et elle n'avait pas tout à fait tort. Alors elle a posé ses lèvres sur les miennes. Et c'était super agréable de laisser l'initiative à l'adversaire.
« Der Angriff besitzt seinen fast einzigen Vorzug in der Überraschung. »

Je profite du trajet vers le bureau pour appeler la grande prêtresse de l'orgone. C'est comme ça, elle me manque.
Bien vu. Mais je n'étais pas au bout de mes surprises.
« Alors ce sera une soirée vérité ! » Parfois je parle trop vite. Je ne sais plus pourquoi j'ai sorti ça, c'est venu d'un coup sous forme de plaisanterie en réponse à je ne sais trop quelle remarque. En tout cas j'étais content de lire la surprise dans ses yeux. Ne pas sous-estimer son adversaire ! Il ne lui a pas fallu longtemps pour retourner la situation à son avantage. Quand elle a sorti papier et crayon j'ai immédiatement imaginé quelques jeux pervers et érotiques. « Dessine moi comme tu me vois ! »
Là, je pense à Clausewitz: « Dans la guerre, tout est simple, mais le plus simple est difficile. » (Vom Kriege, Berlin 1832–1834)
Après avoir fait mentalement le tour de ce que je sais à peu près dessiner correctement - non, suis pas passé par les Beaux Arts, j'ai fait des études de sciences politiques, c'est assez différent - et après avoir écarté l'idée d'un portrait de Arthur Wellesley, duc de Wellington, en référence au Waterloo que je redoute, je choisis de faire la démonstration de mes talents d'ornithologue (ben oui, je suis plein de ressources !). Non, je ne dessine pas une poule - elle est charmante cette jeune femme, pas envie de torpiller la soirée - mais une avocette élégante.
Bon, elle semble satisfaite, pas trop choquée à l'idée que je puisse l'assimiler à un volatile (je ne peux pas vous montrer le chef d'oeuvre, la dame a gardé l'oiseau).
Après ce coup, la conversation file naturellement vers des sujets plus légers. Je la découvre assez délurée, ça me plaît.
Seulement, nous sommes lundi et j'ai un bouclage ce soir et une nuit blanche de boulot en perspective. Donc la soirée s'arrêtera vite, j'avais prévenu. En plus j'ai oublié un projet d'article au bureau. Mais comme je la trouve très jolie et que l'on s'amuse bien je culpabilise un peu à l'idée de la planter là. Résultat ? Ben résultat rien, je suis tout inhibé !
« Faut vraiment tout faire, c'est pas croyable ! » Depuis le début de la soirée j'ai laissé filé toutes les occasions de l'embrasser. En sortant du bar, elle a du penser que je ne me déciderais jamais, et elle n'avait pas tout à fait tort. Alors elle a posé ses lèvres sur les miennes. Et c'était super agréable de laisser l'initiative à l'adversaire.
« Der Angriff besitzt seinen fast einzigen Vorzug in der Überraschung. »

Je profite du trajet vers le bureau pour appeler la grande prêtresse de l'orgone. C'est comme ça, elle me manque.
vendredi 2 octobre 2009
Créée en 1602, la Vereenigde Oostindische Compagnie, Compagnie Unie des Indes Orientales, fut le principal instrument de la domination hollandaise sur le commerce mondial, pendant une bonne partie des 17e et 18e siècles.
L'usage du canon a joué un rôle clef dans son expansion, ses bâtiments puissamment armés avaient pour première mission d'envoyer par le fond les navires des concurrents espagnols, portugais et anglais. Après s'être emparée des Moluques, la flotte de la VOC s'installe à Jayakarta. La ville vassale de l'intraitable Banten est finalement rasée en 1619 et, sur ses ruines, la VOC fonde Batavia, qui sera la tête de pont du capitalisme hollandais en Asie. En 1656, la compagnie s’empare de Ceylan et de sa production de cannelle.
Pendant plusieurs années, le monopole du commerce des épices fines - macis, noix de muscade, clous de girofle et cannelle - assure sa richesse et le bien-être de ses actionnaires.
Quant à la grande prêtresse de l'orgone, ce soir là, elle se voulait garce et n'était pas décidée à me laisser goûter, sans combats, aux saveurs épicées de sa peau. Le champagne et un usage modéré de la force brutale ont eu raison de ses résolutions. Le visage entre ses cuisses, cherchant à la faire jouir contre sa volonté, je me disais que le commerce est un étrange mélange de désirs et d'intrigues, quand, surgissant de lointaines années lycéennes, Hubert-Felix lança l'ordre d'un nouvel assaut:
"et cet ange qui me gueule viens chez moi mon salaud
m'invite à faire danser l'aiguille de mon radar"
L'usage du canon a joué un rôle clef dans son expansion, ses bâtiments puissamment armés avaient pour première mission d'envoyer par le fond les navires des concurrents espagnols, portugais et anglais. Après s'être emparée des Moluques, la flotte de la VOC s'installe à Jayakarta. La ville vassale de l'intraitable Banten est finalement rasée en 1619 et, sur ses ruines, la VOC fonde Batavia, qui sera la tête de pont du capitalisme hollandais en Asie. En 1656, la compagnie s’empare de Ceylan et de sa production de cannelle.
Pendant plusieurs années, le monopole du commerce des épices fines - macis, noix de muscade, clous de girofle et cannelle - assure sa richesse et le bien-être de ses actionnaires.
Quant à la grande prêtresse de l'orgone, ce soir là, elle se voulait garce et n'était pas décidée à me laisser goûter, sans combats, aux saveurs épicées de sa peau. Le champagne et un usage modéré de la force brutale ont eu raison de ses résolutions. Le visage entre ses cuisses, cherchant à la faire jouir contre sa volonté, je me disais que le commerce est un étrange mélange de désirs et d'intrigues, quand, surgissant de lointaines années lycéennes, Hubert-Felix lança l'ordre d'un nouvel assaut:
"et cet ange qui me gueule viens chez moi mon salaud
m'invite à faire danser l'aiguille de mon radar"
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