jeudi 30 avril 2009


A l'intersection de Nathan et de Salisbury Roads à Kowloon, Le Peninsula est l'hôtel mythique de Hong Kong. Dans les années 1930, il passait pour "le plus élégant à l'est de Suez".

Le Peninsula aujourd'hui n'a plus le charme opiomane de l'Asie britannique. Sa flotte de Rolls-Royce s'accorde mal avec l'ultra-modernité parfois crasseuse de la ville. En 1994, une tour de trente étages a été intégrée au bâtiment et puis, l'hôtel a été entièrement rénové par des rustres. Ils se sont obstinés à le faire ressembler aux grands complexes, impersonnels et m'as-tu-vu, de Palm Beach, Las Vegas ou Dubaï.

Reste une surprise, véritable jouissance narcissique cachée dans les toilettes du Félix, le bar du dernier étage. Philippe Starck, l'aménageur du lieu, a pris soin de flatter le désir de puissance des visiteurs. Pour les hommes, il a placé les urinoirs face à la baie vitrée. Haut dans le ciel, chacun peut contempler l'immeuble de la Bank of China avec l'exquis sentiment d'arroser de pisse la capitale asiatique de la finance. Pour les dames, Starck a remplacé les urinoirs par des miroirs de vanité. Et pour celles qui font plus que se repoudrer le nez, l'occasion d'un discret plaisir sadique. Les portes des toilettes féminines sont épaisses comme dans un château-fort et tellement lourdes qu'une soubrette polie est à la disposition de ces dames pour les aider à la manoeuvre.

mardi 28 avril 2009

sur ton corps je traçais les peintures de notre guerre, j'ai voulu t'ensauvager, te faire apache, figure océanique, prêtresse vaudou, j'ai inscrit de mes mains les marques de mon désir, je me voyais marin des antipodes en rituels initiatiques,

je t'ai fait rire au moins

© gaspard_des_nuits@yahoo.fr


vendredi 24 avril 2009

16h.05 : "Je viendrai sans aucun sous vêtement, aucun obstacle au désir de tes doigts et de ta queue..."

Le désir. Dans ce réduit brésilien à l'intimité inexistante, il n'y a pas le moindre frein à sa progression. Elle est assise en face de moi. Content de te revoir ma partenaire de jeux. Elle me parle de la décadence qui se prépare. Je regarde ses yeux, ses lèvres, ses mains. Je la dévore. Je lui parle de deux hommes en costume et d'un bar anglais, de boiseries et de fauteuils en cuir.

Ce soir la buveuse de Porto a goûté à la caïpirinha, et elle trouve que la petite rue Sainte Marthe a un air d'Alfama. Je pense à São Salvador da Bahia de Todos os Santos, juste ce nom c'est une autre incantation du désir. Dommage que Paris soit si loin de l'équateur. Propos décousus, Joseph Kessel, Les amants du Tage, Fortune Carrée, et un livre de la collection Harlequin qu'elle a caché quelque part dans sa bibliothèque, entremêlés de baisers, de mains qui glissent le long des corps, le long des sexes.

Je ne sais pas combien de temps il a fallu à la cabine pour arriver au rez-de-chaussée; elle, ça lui a suffi pour défaire la boucle de ma ceinture et mettre ma bite à l'air. La porte d'entrée de l'immeuble s'ouvre derrière nous qui filons dans l'ascenceur: les voisins attendront le prochain passage.

Très vite l'un sur l'autre, enfin, elle sur moi, pas plus loin que le vestibule. Elle saisit ma queue, enfile le préservatif que je viens de lui tendre et la chaleur de son sexe, dont j'ai encore le goût dans la bouche, qui enserre le mien. Cette jouissance qui vient maintenant, c'est le trop plein de désirs accumulés depuis trois semaines, fallait que ça sorte. Les suivantes furent celles du jeu.

Je t'ai lavée ensuite. Et tu m'as lavé beauté. Et toute la soirée j'ai gardé mes yeux dans tes yeux.




mercredi 22 avril 2009

Loin de tout, très précisément au milieu de nulle part, il y a l'île de Tristan da Cunha, l'île Gough, également nommée Diego Alvarez, l'île Inaccessible et les îles Nightingale. C'est une escale particulière, isolée dans l'Atlantique sud, à l'écart des grandes routes maritimes. Depuis le 18e siècles des hommes s'obstinent à vivre sur la côte nord de Tristan da Cunha, à cultiver des pommes de terre et pêcher des homards. Quelques-uns ont cherché à en faire leur propriété privée, leur royaume miniature. Il y a des hommes comme cela.

The Settlement (La Colonie) selon les habitants, Edinburgh of the Seven Seas, selon les cartes, les timbres postaux et l'administration, est le seul lieu de peuplement de tout l'archipel. Il y a quelques guest-houses, qui accueillent les scientifiques en mission et les rares touristes qui parviennent à trouver un bateau pour les débarquer et pour repartir. Il y a un pub pour occuper les soirées. Et une salle des fêtes. La bière est importée, elle arrive par le cargo de Sainte-Héléne, tous les mois ou presque, si la mer le permet.

C'est un archipel fait à la mesure des albatros plutôt qu'à celle des hommes. Pour moi, c'est une étape obligée.

Retour des habitants (1963) après une année d'évacuation forcée à la suite de l'éruption du volcan. Photographe: Carl Mydans pour Life.


lundi 20 avril 2009

je ramasserai les confetti de l'Empire et je les poserai dans ta boite à malices, près de ton lit de geisha

© gaspard_des_nuits@yahoo.fr


samedi 18 avril 2009

le décalé d'une étoile et le cri lointain d'un oiseau,
ne pas fléchir, tenir haut le regard,

ils savaient les indices qui signalent
l'île encore inconnue dans l'océan

ils savaient les courants et les vents
les archipélagiques immémoriales

les principes qui ne s'accordent qu'au ralenti,
et les solitudes qui grandissent l'humeur humaine

des leçons tragiques de Rapa-Nui
à l'exil volontaire du "maître du jouir"

devenus fables




mercredi 15 avril 2009

Mine de rien, me suis vite accoutumé, à ce corps léger. Vite pris au jeu du contour de ses cuisses - "oeuvre de mains d'artistes" - et de l'amour que nous faisons. C'est une récitante. Son blog, c'est un Cantique des Cantiques post-moderne. "Qu'elles sont belles, tes étreintes, ma soeur-fiancée, qu'elles sont bonnes tes étreintes, plus que le vin !" Pris goût au contact de sa bouche autour de mon sexe, et suis devenu accro à sa jouissance. Elle dit que mon sexe est fait pour le sien. Suis assez d'accord. Et puis, elle fait des super tartines beurre-confiture au petit dèj.

© Miranda Lehman


mardi 14 avril 2009

actualité brûlante recherche sauvage innocente pour excès existentiels littéraires et érotiques, rendez-vous au château, sauces piquantes et crèmes fouettées bienvenues

photo: http://wordpress.bulot-fr.com/


lundi 13 avril 2009


Jean-Paul Hévin, Patrice Chapon, Christian Constant, Pierre Marcolini ... Point commun ? Ce sont des experts, des maîtres en chocolat. J'ai aussi une petite faiblesse pour les pâtisseries chocolatées de Pierre Hermé. Alors, si aucun excès ne vous lasse des fèves de cacao, je vous invite à suivre ce sujet ici, où il sera exploré dans tous ses détails, même les plus intimes.




dimanche 12 avril 2009

Et dans nos jeux, des pierres bleues et vertes,
des mains légères, des mots plaisirs, comme une Venise décadente,
et de la nuit, des étincelles, et du silence, l’univers
et nous sur les frontières comme des enfants dans les marges.

© gaspard_des_nuits@yahoo.fr


samedi 11 avril 2009

© gaspard_des_nuits@yahoo.fr

Nous avions navigué quatre semaines en mer Baltique et cherché à épuiser le labyrinthe de l'archipel danois, et puis le train du retour, via Kiel et Hambourg, avait dérivé.

Je ne me souviens plus du prétexte qui m'avait détourné vers un petit hôtel sur jardin, dans le sud-ouest de Berlin. Une interview commandée par un magazine français, ou l'idée d'un reportage sur la ville bobo écolo et bio.

Le fil des contacts noués dans les boutiques et les cafés du Mitte m'avait débarqué dans un immense appartement de Prenzlauer Berg au milieu de cinq colocataires déjantés. C'est là que j'avais rencontré Magda et ses ailes du désir.

© gaspard_des_nuits@yahoo.fr





vendredi 10 avril 2009

je la cherche depuis hier, le téléphone n'est pas fiable et il y a les choses de la vie, et alors ? nous ne sommes pas mariés et j'aime que nos rencontres soient toujours, plus ou moins, l'aboutissement d'un cheminement tortueux


jeudi 9 avril 2009

je connaissais l'ordinaire d'un jour sans nuit, elle a soulevé de l'extraordinaire


alors ce sera une saga... comme la longue route de mer et de vents d'Erik le Rouge et de ses drakkars, le prince maudit chassé d'Islande, le découvreur du prétendu pays vert, tout au septentrion du monde, Erik fils de Thorsvald le banni, Erik banni lui-même, qui vogua hommes et femmes du nord plus loin que jamais leurs semblables, eux qui fondèrent des comptoirs au pays du vin et au pays du bois, Vinland et Markland, pays de trocs et de fourrures, qui tinrent contre froids et tempêtes l'église de Groenland, hommes et femmes obstinés jusqu'à ce que la glace les emporte tous, jusqu'à périr de faim, de froid et d'épuisement, à vouloir enraciner l'Europe où elle ne prenait pas


mercredi 8 avril 2009

"Heureuse la courbe qui s'inscrit au pur délice de l'amante"
- Saint-John Perse, Amers